Commémoration du 14 juillet 2018

Commémoration du 14 juillet 2018

Discours prononcé par Gérard STEPPEL, maire de Marie

à l'occasion de la commémoration de la fête Nationale

 

Mes chers amis Mariols

 

   Avant de débuter la cérémonie, je souhaiterais que nous rendions un hommage en observant une minute de silence, en l’honneur et le souvenir de deux Mariols qui nous ont quitté récemment et qui ont servi durant de nombreuses années notre commune en tant qu’élus, Raoul ANDRAU, Maire honoraire, que nous avons accompagné à sa dernière demeure ici à Marie le lundi 2 juillet et Auguste DEPO, ancien Conseiller municipal décédé à Nice mercredi dernier.

   Je me réjouis de nous retrouver, une nouvelle fois entre Mariols, amis et estivants, au pied du Monument aux Morts de notre Commune pour célébrer le 14 juillet, certes dans des conditions inhabituelles pour cause de réfection de notre église mais avec un monument aux Morts qui a retrouvé son lustre et que nous inaugurerons bientôt à l’occasion du centenaire de l’armistice de la grand-guerre 14-18.

   Je dirais toute l’importance qui doit, plus que jamais, être attachée à satisfaire à ces moments de commémoration qui peuvent paraître désuets à certains, mais qui, régulièrement, nous rappellent d’où nous venons, ce que nous sommes, et à qui nous le devons.

   Commémorer, 229 ans après, le 14 juillet 1789, c'est rappeler notre attachement à l'Histoire, à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, qui inspira de nombreuses démocraties dans le monde.

   C'est souligner aussi notre attachement à la République qui vit le jour en 1792. C'est rappeler que la Nation Française a fait de cette date, depuis la 3ème république, sa fête nationale. Une fête nationale que nous célébrons toujours avec ferveur y compris à l'heure de la construction Européenne.

   Se retrouver et partager les valeurs de la République est un bel exemple d'unité nationale. "Quelles que soient les divergences qui nous séparent, si profondes qu'elles puissent être, il y a quelque chose qui plane au-dessus d'elles, c'est la grande image de l'unité nationale, que nous voulons tous, pour laquelle nous nous serions tous, prêts à mourir, si c'était nécessaire" déclarait en 1880, le rapporteur de la loi instituant une fête nationale.

En ce 14 juillet, nous rendons hommage à celles et ceux qui ont lutté au péril de leur vie pour que naissent de nouvelles idées.

En ce 14 juillet, nous sommes fiers de nos ancêtres, de leur choix et de leur courage. 

En ce 14 juillet, nous avons conscience que ce flambeau nous a été transmis à travers les générations et que nous avons le devoir de préserver et d'entretenir cette flamme.

   Ce devoir de mémoire et de transmission est important afin que jamais ne s'effacent de notre mémoire collective ces étapes historiques qui ont forgé la France d'aujourd'hui. "La Patrie se compose des morts qui l'ont fondée aussi bien que des vivants qui la continuent", écrivait Victor Hugo.

   Le 14 juillet 1789, le peuple de Paris prenait la prison de la Bastille, symbole de tous les arbitraires, de toutes les oppressions et de toutes les iniquités. Cet événement annonçait la fin du régime monarchique et l'avènement d'un autre, le régime républicain, dont la devise, devenue officielle en 1848, est inscrite sur les frontons des édifices publics depuis 1880. Cette devise tient en trois mots essentiels pour nous tous :

Liberté, Égalité, Fraternité.

   Aujourd'hui, par cette célébration, c'est avant tout l'esprit de ces années révolutionnaires qu'il nous appartient de faire vivre.

   Faire vivre l'héritage d'une période de notre Histoire de France qui, malgré les hésitations, les faiblesses, les soubresauts et les drames, aura donné à notre pays son fondement patriotique. Avec son drapeau, où le bleu et le rouge de Paris se mélangent en 1790 en blanc et la royauté.

   Avec son hymne, la Marseillaise, ce chant né de la plume de Rouget de Lisle et popularisé par les combattants volontaires marseillais durant l'été 1792.

La Liberté, l’Égalité et le respect des autres, la Fraternité, n'ont pas fini d'entretenir l'espérance des hommes.

   Honorons celles et ceux qui se sont levés, un jour en 1789, au nom d'une certaine idée de ce que devait être la France. Tous ont fait le choix du courage, de la dignité et de la solidarité, parfois bien au-delà des ordres et des classes qui divisaient alors notre société.

   Le courage, la dignité et la solidarité sont autant de principes qui ont fait et qui feront encore la France de demain.

   La République, avec ses valeurs, ses symboles, ses institutions est un bien commun pour tous les Français et notre communauté nationale retrouve dans ces festivités du 14 juillet, l’un des ciments du Pacte républicain.

   Il y a 2 ans à ces instants, alors que j’évoquais le terrorisme lié a ces attentats barbares de Paris et du Bataclan, qui venaient nous rappeler avec horreur que ce que nous considérions hier comme acquis, est en réalité fragile et précieux, le soir même, dans notre belle ville de Nice, la foule rassemblée sur la Promenade des Anglais était prise pour cible.

   Un choc pour le monde, un mode opératoire d’une violence inédite, des corps d’enfants et d’adultes blessés et tués dans un chaos effroyable, une marque au fer rouge dans nos mémoires. Hélas la liste de ces odieux attentats de par le monde ne cesse de s’allonger.

   Alors, aujourd’hui, plus que jamais, nous devons répondre sans concession à ceux qui veulent nous diviser. Jamais nous ne devrons céder devant l’obscurantisme, jamais en France nous ne baisserons les yeux devant le fondamentalisme.

   La lâcheté n'a jamais été et ne sera jamais reconnue comme une valeur pouvant se justifier d'un idéal ou d'un combat. Notre solidarité nationale, notre esprit européen, notre présence combattante pour la paix dans le monde sont autant de fierté que nous devons porter afin que la France et les Français soient un rempart contre la barbarie

   Rappelons-nous que beaucoup de nos soldats, beaucoup de nos résistants sont déjà tombés pour préserver l'intégrité et l'identité de notre République. J'ai une pensée particulière pour nos soldats qui, partout dans le monde, défendent courageusement, parfois au prix de leur vie, les valeurs républicaines et les bienfaits de la paix. Nous leur témoignons ici de notre reconnaissance.

   C’est ensemble, unis et solidaires que nous trouverons la force de rester digne : le droit contre la violence, la justice contre l’arbitraire, la solidarité face la haine, l’unité face au communautarisme.

   C’est lorsque nous sommes attaqués qu’il faut trouver au plus profond de notre histoire les ressources pour résister. Nos aînés l’ont fait, soyons tous ensemble leurs dignes héritiers.

   Nous devons être fiers de nos origines, elles sont le ciment de notre histoire commune. Ce passé qui nous lie est l’essence même du devoir que nous avons de construire un avenir ensemble. Et cet avenir se nomme bien sûr France mais aussi Europe, dans lequel chacun doit trouver l’énergie de combattre les divisions, mais aussi un projet. Celui de mieux vivre ensemble, de rassembler nos forces pour vivre dans un continent de paix et porteur de valeurs communes.

   Ce projet était, entre autres, celui d’une femme au destin exceptionnel, Simone Veil, icône de la lutte pour les droits des femmes. Elle était l'une des seules survivantes avec sa sœur de la déportation de toute sa famille vers le camp nazi d'extermination d'Auschwitz en 1944. Après des études de droit, elle est plusieurs fois ministre sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing Santé, de 1974 à 1979 puis François Mitterrand Affaires sociales, de 1993 à 1995, qui fait son entrée au Panthéon le 1er juillet dernier. Cette niçoise, née le 13 juillet 1927, avec sa vision novatrice de notre société et son idéal progressiste s’était battue pour l’Europe, parce qu’elle croyait en cette chance qui nous était donnée. Pensons à ce qu’à travers une vie de combats et d’engagements elle nous lègue.

   Je conclurai par une note légère, car le 14 juillet, c'est aussi un moment de fête. Et ne l'oublions pas, la fête fait partie des moments d'unité du peuple Français.

Je finirai donc en citant Alphonse Allais :

« Ah ces bals publics ! Oh, les tendres aveux murmurés entre gens qui ne se connaissaient pas le matin ! 14 juillet ! Sois béni, car tu fais gagner joliment du temps aux amoureux. »

Vive le la Liberté, vive l'Égalité, vive la Fraternité,

Vive la République, vive Marie et vive la France !