Commémoration du 11 novembre 2019

MARIE - Discours 11 novembre 2019

Mesdames, Messieurs les élus,

Messieurs les représentants des anciens-combattants

Mesdames, Messieurs les Présidents des associations,

Mes chers amis Mariols.

Pour débuter mon dernier discours lors d'une cérémonie officielle de cette mandature, je ferais référence à Romain Rolland prix Nobel de littérature en 1915. Animé par un idéal humaniste et la quête d’un monde non violent, l'écrivain chercha sa vie durant, un moyen de communion entre les hommes. Son exigence de justice le poussa à souhaiter la paix, pendant et après la première Guerre mondiale. Parmi ces écrits je citerais notamment :

N'y a t-il pas de meilleur emploi au dévouement d'un peuple que la ruine des autres peuples ?

Faut-il que le plus fort rêve perpétuellement de faire peser sur les autres son ombre orgueilleuse, et que les autres perpétuellement s'unissent pour l'abattre ?

A ce jeu puéril et sanglant, où mes partenaires changent de place tous les siècles, n’y aura-t-il jamais de fin jusqu'à l'épanouissement total de l'humanité ?

Formulées en septembre 1914, ces questions expriment un désarroi et tout à la fois, une extrême lucidité devant le déclenchement de la Grande Guerre.

C'était il y a 115 ans, ce moment ou l’histoire, le destin de l’Europe allait basculer, et pourtant ces mots résonnent encore à notre monde contemporain.

Ils étaient alors peu nombreux à oser plaider pour la paix. La plupart des soldats pensaient que la guerre ne durerait que quelques semaines, convaincus de revenir dans leur famille pour Noël, hélas ce furent 4 années d'un interminable et effroyable cauchemar.

Alors en ce 11 novembre 1918, à 11 heures, quand le cessez le feu devenait effectif et que la France pouvait célébrer la Victoire, partout sur le front les clairons retentirent, les cloches des églises des villes et villages se mirent à sonner. 4 années de guerre totale et meurtrière prenaient fin. Sans nul doute, jamais ne vit-on une nation communier, toute entière, dans une aussi grande ferveur. Avec la joie des vainqueurs, contrastait très certainement la tristesse de tous ceux qui célébraient cette victoire dans la douleur causée par la perte d’un proche.

Pour les centaines de milliers de veuves et d’orphelins de cette Grande Guerre, le deuil succédait au silence des canons et des fusils. Après la fin de cette tragique période, la FRANCE, MARIE se souviennent du sacrifice de leur fils et n’oublient pas celui de tous les hommes venus d’ailleurs pour mourir sur notre sol. La FRANCE se recueille, MARIE se recueille, notre pays pense à celles et ceux tombés au champ d’honneur.

Quand en 1922, le législateur instaura le 11 novembre, comme jour férié, dédié à la commémoration de la Victoire, il était sans doute loin d’imaginer qu’un siècle après, des citoyens se réuniraient encore dans toutes les communes, en souvenir de tous ces enfants de FRANCE, Morts pour la Patrie, Morts pour la liberté, notre liberté d'aujourd'hui.

Pour cette raison, nous sommes là, avec vous, les jeunes Mariols. Heureusement nous restons toujours nombreux, alors qu’acteurs et témoins ont tous disparus, la ferveur et le respect du 11 novembre, heureusement à MARIE ne s'éteint pas.

MARIE a contribué et payé un lourd tribut à celle qu’on pensait alors être la «der des der». Les noms des enfants du pays sont gravés sur la pierre de notre monument aux Morts et en demeurent le témoignage pour l'éternité.

Souvenons-nous que 1 400 000 français et 1 000 000 de britanniques qui s’étaient opposés aux Allemands dans les tranchées manquaient malheureusement à l’appel.

C’est précisément, parce ce que tous les témoins ont disparu qu’il faut prendre garde que l’Histoire n’anéantisse pas le souvenir, mais au contraire le maintienne, le vivifie.

Comme ces enfants de MARIE, nos ancêtres, au retour des tranchées, il faut être plus que jamais résolus à ce qu’une telle épreuve ne se reproduise plus jamais.

Commémorer le 11 novembre 1918, c'est être citoyen, c’est accomplir notre devoir de mémoire vis-à-vis de ceux qui nous ont légué les valeurs de courage pour la défense de la Nation et de la République, mais aussi celles du pacifisme.

C’est également espérer, à travers leur engagement, dans un avenir que l’on souhaite toujours meilleur et solidaire, un avenir dont nous sommes tous les porteurs et à fortiori, vous, la jeunesse Mariole et de FRANCE.

N’oublions jamais de reprendre, de respecter et de revendiquer sans cesse les valeurs symboles de notre République Française que sont : Liberté, Egalité et Fraternité.

L’idée Républicaine de la nation est une vocation émancipatrice et progressiste de la FRANCE, ce qui est le contraire du nationalisme.

Il n’est donc ni vain, ni inutile, d’associer à ce souvenir, les batailles au quotidien que nous devons mener pour combattre, sans relâche, ce qui peut nous diviser : indifférence, intolérance, xénophobie, racisme, individualisme et le repli sur soi.

Soyons dignes des sacrifices consentis par tous ces combattants de la Grande Guerre 1914-1918, de leur abnégation et de leur dévouement sans faille.

Rêvons ensemble du jour où le retour à la paix ne sera plus seulement, comme l’écrivait Jean GIRAUDOUX, «L’intervalle entre deux guerres», mais plutôt comme l’avait voulu le philosophe Emmanuel KANT, «L’aube d’une paix perpétuelle».

Que le souvenir du sacrifice des combattants de ces guerres renforce encore notre détermination à œuvrer pour la paix.

Souvenons-nous que l’expérience de la vie aide un homme à se bâtir et que l’expérience de l’histoire aide un peuple à se construire.

Aussi je terminerai par cette citation de Victor Hugo «La guerre, c’est la guerre des hommes, la paix, c’est la guerre des idées».

Restons vigilants et transmettons notre histoire ici et maintenant afin que tous ces fils de MARIE et de FRANCE, sans exceptions, passagers involontaires de cette tragédie, ne soient pas Morts pour rien.

 

Que notre République les honore et qu’ils reposent en paix !

Vive la République. Vive la FRANCE !

Vive MARIE !

Vive la Paix.