Un souvenir d'une chatte nommée Marie

Dans Archives 2026 - semestre 2

Un très bon souvenir que ce message adressé à Gérard Steppel, Maire de Marie fait revivre.

Bonjour Monsieur le Maire,
Vous aviez aimablement mis en photo Marie sur votre site quand elle fit un petit don pour votre église.
Une journaliste du Figaro.fr m'a demandé des informations sur mes chats et de ce fait votre commune est citée.
Je garde un excellent souvenir de votre aimable appel et de nos échanges.
Bien cordialement.
Jean

L'article suivant est tiré du dossier  "Mon animal et moi : retrouvez tous les témoignages de propriétaires de chiens et chats' publié dans le Figaro Figaro maison et jardin du 11 juillet 2026.

 

Ma vie avec Sully, Titsa et Marie : «La solidarité entre amoureux des chats avait fait un miracle !»

Par 4d5abfb7e026ea9af96121001cc78c913e3d627d937c6a58fa83d2067736c176

Marie, européenne blanche à queue noire, âgée de 12 ans. Jean

Alors que plus d’un Français sur deux vit avec un animal de compagnie, nous leur donnons la parole afin qu’il nous parle du lien unique qu’ils ont noué avec leur chien ou leur chat. Aujourd’hui, c’est Jean qui nous parle de ses chats.

Pouvez-vous vous présenter ? 
J’habite dans la banlieue de Nancy et suis en retraite de l’INRAE où j’étais directeur de recherche. Nous avons eu successivement des chats et à présent, une chatte.

Comment s’appelle votre chat ?
Nous n’avons eu qu’un chat à la fois, même si plusieurs chats de voisins ont tenté de s’installer chez nous. Successivement Sully, Titsa et Marie. Sully était un mâle européen tigré (excellent chasseur et bricoleur), Titsa probablement forestier de Norvège (noir à poils longs et collier orange) et Marie européenne blanche à queue noire qui a 12 ans. Les autres sont morts accidentellement vers l’âge de 10 ans.

Pourquoi avez-vous décidé d’avoir des chats ? 
Nous avons trouvé Sully (6 semaines environ) dans notre jardin, probablement abandonné et nous l’avons aussitôt adopté. Par contre Titsa était chez un vétérinaire où il avait été déposé avec une patte cassée sans que personne ne vienne le reprendre. C’était peu après le décès de Sully et notre fille voulait qu’on adopte.
Marie est née dans le jardin de notre voisine d’une portée de cinq chats. Nous ne voulions pas laisser notre voisine avec toute cette portée et j’ai choisi d’adopter une femelle, ayant eu que des mâles avant.

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«Sully était plus proche de mon épouse.» Jean

Vous souvenez-vous du jour où vous les avez rencontrés ?
Oui. Sully était dans le jardin et notre fils a aussitôt pris son vélo pour aller chercher des croquettes. Le point de non-retour était atteint.
Titsa revenait du vétérinaire où mon épouse et notre fille avaient été le chercher. Je n’avais pas fait le deuil de Sully et n’étais pas encore mûr pour adopter. Donc je ne lui portais pas d’intérêt. Mais un soir, alors que je venais de me coucher, il est venu se coller contre mon cou, d’un air de dire : pourquoi tu me bats froid. J’ai craqué et nous sommes devenus copains et complices.
Marie venait jouer dans notre salon avec une de ces sœurs et en accord avec la voisine nous l’avons gardée. Craintive et solitaire, cela lui a convenu. Une de ses sœurs (ayant la même livrée qu’elle) est partie de chez notre voisine sans jamais revenir, probablement inapte à vivre avec d’autres chats.

Qu’aimez-vous faire ensemble ? 
Des jeux lorsqu’ils étaient jeunes, puis des câlins et les observer. Sully était plus proche de mon épouse. Titsa était câlin et j’adorais le porter sur mes épaules pour sentir sa longue fourrure douce et chaude et entendre son ronron, une vraie séance de relaxation. Quand nous rentrions à la maison, il venait au-devant de nous au milieu de l’escalier et nous donnait un coup de boule sur le front, bien appuyé au point que nous l’entendions.
Il était incroyablement gourmand et gourmet et voulait goûter tous nos aliments. C’était la fête quand il y avait des invités car les mets étaient encore plus raffinés. Il s’installait en bout de table (le derrière sur la chaise et pattes avant sur la table) et sollicitait sa part. Il aimait bien aussi que nous ne soyons que tous les deux pour nos repas. Plus aucun interdit. Je choisissais un menu inhabituel à mon goût et j’ai ainsi découvert qu’Il adorait le cassoulet ! Je l’ai beaucoup observé et il m’a servi de formateur en psychologie alors que je devais diriger une équipe. Nous nous comprenons très bien, il percevait parfaitement mes intonations.

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«J’aime bien le chat qui dort sur notre lit et seul Titsa souhaitait cette complicité.» Jean

Sully, dans une moindre mesure aimait aussi la bonne nourriture dont le jus des bananes flambées et les sauces au vin blanc. Hélas Marie n’est pas du tout gastronome. Marie est double : chatte d’extérieur aux beaux jours qui ne revient que la nuit pour manger et avec laquelle il n’y a plus de contacts et de câlins. L’hiver elle se met dans un fauteuil à côté du mien pour de longues séances de mimi au cours desquelles elle lèche mon bras, salive, donne des coups de tête. Sa froideur en été est difficile, crée un manque d’affection.

Qu’est-ce qu’au contraire vous regrettez de ne pas pouvoir faire ensemble ?
Parler la même langue ! C’est l’erreur que je déplore commise par la nature, tous les êtres animés devraient avoir le même langage. J’aime bien le chat qui dort sur notre lit et seul Titsa souhaitait cette complicité. Sully dormait avec notre fille et rien avec Marie...

Est-ce que vos chats ont changé des choses dans votre vie ? 
Mieux prendre conscience que ce sont des êtres sensibles et doués de sentiments. Leurs câlins et ronrons, qui ne sont pas tous un appel pour remplir la gamelle, sont incroyablement apaisants. Leur regard est puissant et nous interpelle. Les observer est passionnant et permet de les comprendre.

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«Marie venait jouer dans notre salon avec une de ces sœurs et en accord avec la voisine nous l’avons gardée. Craintive et solitaire, cela lui a convenu.» Jean

Vos chats vous ont-ils fait sacrifier quelque chose dans votre vie ? 
Nous emmenions Titsa et Marie en voiture mais sans oser leur imposer une étape. Pour Sully, et parfois pour les deux autres, nous les avons laissés chez nous avec des voisins s’en occupant. Nous avions un peu mauvaise conscience tout en sachant qu’ils étaient bien sur leur terrain avec une présence amicale et bienveillante.

Des anecdotes que vous aimeriez raconter ?
Notre fabricant de voitures, faisant un rappel pour un possible problème avec les ceintures de sécurité à l’arrière, mon épouse a appelé notre garagiste pour prendre rendez-vous. Celui-ci lui a demandé si nous utilisions souvent ces ceintures et mon épouse a répondu : oui, pour le chat. Silence du garagiste. Ou bien il n’imaginait pas la scène ou bien il a cru qu’on se moquait de lui. L’explication était la suivante : j’ai toujours mis nos chats dans une cage de transport, avec une hormone de bien être et en posant la cage sur un siège arrière, en prenant soin de passer la ceinture de sécurité dans la poignée au sommet de la cage.

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«Marie est double : chatte d’extérieur aux beaux jours qui ne revient que la nuit pour manger et avec laquelle il n’y a plus de contacts et de câlins.» Jean

Seconde anecdote, spécifique de Titsa. Ma hiérarchie venait de m’imposer la direction de mon laboratoire de recherche. Je devais alors diriger des personnes que je connaissais toutes et dont certaines étaient des amis, souvent au même grade que moi. N’ayant ni formation, ni talent en psychologie, et me sachant très spontané dans mes réactions, je craignais le pire et m’en ouvrais à la collègue responsable de la formation permanente en lui expliquant que je me sentais à l’aise avec nos chats mais étais inquiet sur mon comportement envers mes collègues.
Elle me demanda d’écrire une notule dans la revue de la formation permanente de l’INRA. J’expliquais alors combien l’effort pour observer et comprendre mes chats allait me servir pour être attentif au personnel. Cet article eut une retombée inattendue. J’avais pris contact avec une personne de notre direction générale pour résoudre un problème de facturation de ménage que localement l’administration refusait de régler. Je fus éconduit par mon interlocutrice de la Direction générale. Mais quelques jours après la parution de ma notule, elle m’appela, bien décidée à m’aider, cette fois. La solidarité entre amoureux des chats avait fait miracle !
Dernière anecdote, elle concerne Marie et un petit village des Alpes-Maritimes du même nom. J’apprends que son maire, pour financer la restauration de son église, fait appel à la générosité des personnes ayant Marie pour prénom. Je fais aussitôt un don et moins d’une heure plus tard, le maire de cette commune m’appelle longuement pour me remercier, étonné, mais pas désagréablement, d’un don provenant d’un chat. Il a manifestement le sens de l’humour et beaucoup de délicatesse. Le soir même, le gestionnaire du site de cette commune, me demande une photo de Marie. Le lendemain, elle y figure. Un peu plus tard, un article de Nice-Matin du 15 août (date bien choisie) signale dans son titre puis dans son texte le don d’un chat, notre petite Marie !

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«Le chat n’est pas un être que l’on soumet, à moins, de le rendre malheureux ou de le voir fuguer pour trouver mieux ailleurs.» Jean

Si vous avez un conseil à donner à quelqu’un qui pense adopter un chat ?
Adopter est un engagement sur le long terme, bien soignés nos petits amis vivent de plus en plus longtemps. Il faut avoir conscience que le chat est, de mon point de vue, l’animal ayant trouvé le meilleur compromis entre liberté et les bons aspects de la domestication. Pas d’enclos, pas de laisse mais un nid douillet lorsque le climat est froid ou humide et une nourriture à la demande ! Ce n’est pas un être que l’on soumet, à moins, de le rendre malheureux ou de le voir fuguer pour trouver mieux ailleurs. Je plains les chats qui n’ont pas de chatière pour aller et venir librement. Marie était terrorisée par le clapet de nos chatières et faute de modèle lui convenant, j’ai remplacé le clapet pour deux films de rétroprojecteurs : souples et transparents, elle a vaincu sa peur.
Il faut un certain budget car une visite chez le vétérinaire coûte beaucoup plus cher qu’une visite chez le médecin. Les vaccins et les soins courants (contre les puces, tiques, vers) sont coûteux, sans parler des interventions. Ne pas oublier la stérilisation car il est inacceptable de laisser pulluler les chats.
Avant d’adopter, se poser la question de nos absences et de la possibilité d’être relayé. Le chat n’a généralement pas la docilité du chien mais à l’inverse il est autonome et très propre. Il sait donner de l’affection, chacun à sa manière, parfois de manière subtile qu’il faudra décrypter. Dans un couple ou une famille, il a souvent un favori et ne pas se désoler si ce n’est pas vous. Il fait des choix et parfois tente sa chance dans une autre maison, ce qui nous est arrivé trois fois avec des chats des voisins voulant faire souche chez nous. Il faut trouver alors un compromis entre les bonnes relations avec les voisins et leur chat. Ne pas oublier non plus, la grande peine que nous procure leur décès. C’est un membre de la famille.

Lien pour accéder à l'article : https://www.lefigaro.fr/animaux/ma-vie-avec-sully-titsa-et-marie-la-solidarite-entre-amoureux-des-chats-avait-fait-un-miracle-20260711

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